L'inaction !

 

 

 

   

La crise est généralisée, plus que jamais nous subissons les erreurs du passé. Les interprétations scientifiques d’hier se modifient. On retire aujourd’hui des produits du marché parce qu’ils sont maintenant devenus nuisibles pour l’environnement, parce qu’ils sont maintenant devenus mortels pour l’homme?? Pourtant bien des fois l’homme semble oublier d’où il vient et quelles relations il est supposé avoir avec son environnement.

À l’exemple des dépotoirs de déchets, nous creusons des trous nous y foutons des tas de vidanges et quand le trou est plein on le recouvre pour aller ailleurs faire la même chose. On utilise des savons propres à la consommation qui tout à coup deviennent funestes pour l’homme et assassins pour la vie marine  Lorsqu’on a besoin de bois, on coupe tout et on s’en fiche pas mal puisque du bois, il y en a partout, même à perte de vue, alors quelle importance?  Depuis des générations on se fie aveuglément sur l’abondance des ressources, sur l’infinie immensité du territoire.

Mais aujourd’hui, même tranquillement, nous nous

  apercevons que nous sommes dans l’erreur depuis des générations; depuis des générations nous sommes dans l’ignorance.  

Je dis « tranquillement » puisque le système en place est orchestré pour que rien ne change, pour que même les idées de ceux qui pensent se perdent dans des labyrinthes bureaucratiques du conservatisme de l’ordre établi.  Et même quand nous sont connues les causes de certains problèmes, nous n’agissons qu’une fois qu’il est trop tard.  Les réactions et bien des actions sont trop souvent perdues dans les commissions d’enquêtes, dans les jeux habiles de nos représentants qui endorment les gens, dont d’aucuns ont le sommeil facile, nous écartant des véritables solutions aux problématiques en cours. Dans une société où l’information n’a jamais été autant disponible, il nous est force de constater, du moins de se questionner, sur les méthodes douteuses qu’utilise notre gouvernement pour masquer les problèmes et se cacher derrière le mur de l’inaction que procurent les prochaines élections.
 

 

 

     




Pour un bon nombre de personnes, l’affirmation suprême qui valide leurs actes est le : « Je fais seulement mon boulot ! » « C’est pas ma job !»; comme à l’exemple du soldat nazi qui gaze des juifs parce qu’il a reçu l’ordre de le faire,  nous nous enfermons ainsi avec

 

des oeillères dans l’inaction.  Nous sommes divisés et malléables, nous regardons le train passer, mollusques, mous, atomisés, bâillonnés de nous-mêmes, puisqu’on ne nous a jamais vraiment appris à parler et encore moins à agir.  On se donne bonne conscience dans notre système d’éducation, en

 

montrant que certains cours au programme ont parmi leurs objectifs, « l’éveil critique des étudiants à la citoyenneté ».  Et on prêche cette bonne nouvelle sans même inclure à cette pauvreté d’éveil critique, l’action qui validerait vraiment le tout. Lorsqu’on entend dans les médiasL’Honorable

 

Madame Line Beauchamp, Ministre du développement durable et de l’environnement, se défiler sur la question du déversement des égouts directement dans le fleuve St-Laurent, bégayer : « QQQQQQU’elle va demander à de de des ssssppppécialistes de faire une ne ne nen une étude sur le ssssuuujet »,

 

 

 

   

on voit bien les résultats des ratés de notre système tout entier.  Le malheur au Québec, c’est que depuis notre ¨Tranquille Révolution¨, nous sommes toujours en retard de 10 à 20 ans sur les autres provinces et les autres pays.  Pendant que nous étions des porteurs d’eau, les autres pays étaient déjà très industrialisés.  Le phénomène semble reproduit malheureusement à l’infini et ce dans tous les domaines.  Pendant que plusieurs pays d’Europe par exemple, interdisent le phosphate dans les savons depuis une bonne dizaine d’années, nous on laisse nos ministres gaspiller l’argent des contribuables à faire le tour du Québec pour faire leur Saint-Thomas et constater de leurs yeux qu’il y a bel et bien des lacs qui sont touchés par des algues bleues??? 

Puis on les laisse faire de beaux discours endoctrinant à la David Koresch (secte de Waco) pour rassurer la population en parlant de l’avenir, du bla bla bla et pire encore, nous les laissons sans rien dire, fidélisés par leur titre,  lever des commissions d’enquêtes pour voir si la dépollution est réalisable au Québec.

 

En bons Québécois, nous regardons une fois de plus le train passer en adoptant la bonne vieille position de l’autruche qui nous a valu une bonne partie de notre réputation. «  C’est drôle hein », pendant que toutes les chaînes d’informations se font du capital politique en affichant chaque jour le tableau morbide de l’accroissement du nombre de lacs touchés par les algues bleues, pas une ne tente de réveiller les gens pour les sortir du sommeil de l’inaction. 
Pourquoi au Québec est-ce ainsi? Sommes-nous tellement meilleurs que les autres? Pourquoi on ne regarde pas ailleurs ce qu’ils font et ne cherchons-nous pas à apprendre comment ils ont réglé les problématiques auxquelles nous faisons face aujourd’hui?

Qu’est-ce qu’on attend pour bouger? Qu’est-ce que ça prend pour qu’il y ait des actions prises envers les pollueurs et pour contrer les problèmes à leur source.  Des journalistes, par exemple, réussissent à démontrer que des bateaux de croisière qui font leur beurre avec les beautés des paysages de la vallée du St Laurent,  vidangent leurs toilettes directement dans le fleuve »? 

 

 

Dernièrement à LCN, nous apprenions que 48 logements de l’Île des Sœurs se débarrassaient aussi de leurs égouts directement dans le fleuve et cela depuis un bon bout de temps.  Qu’est-ce qu’on attend pour alerter Brigitte Bardot, Paul McCartney et Paméla Anderson pour leur dire que leurs beaux bébés phoques tout blancs qu’ils sont, vont peut-être devenir bruns à force de nager dans de l’eau de la même couleur que leurs excréments??

Étrangement, depuis d’innombrables années, il y a une corrélation certaine entre les égouts et la pollution, mais que fait notre gouvernement?? Pourquoi ne ressert-il pas l’étau autour de ceux qui contreviennent?  Ainsi il y a une multitude de chalets autour des lacs qui ne sont pas encore dotés de fosses septiques conformes aux normes de protection de l’environnement.

  Pendant ce temps, nos bureaucrates de l’élite politique nous surprennent en nous annonçant qu’ils cherchent sérieusement et désespérément une façon de contrer la prolifération des cyanobactéries??

Nous avons une chance inouïe au Québec en regard de l’abondance des ressources naturelles et nous laissons aller les choses sans réagir.  Nous jouissons d’un bassin immense de lacs et de rivières de niveau unique et sans comparaisons mondiales et tout comme la forêt, nous les laissons aller.  Lorsqu’on ne donne pas l’eau aux grosses compagnies, on la laisse se faire polluer pas des individus égoïstes et sans scrupules.  Malheureusement nous sommes une fois de plus témoins, que les gens que nous plaçons au pouvoir ont le gros bout du bâton et ils ne s’en servent que pour matraquer ceux qui troublent l’ordre en

 

 

 


 

 

 

     




dénonçant les problèmes au lieu de s’attaquer à la source de ces problèmes. En bon vieux Québécois nous fermons les yeux et suivons nos leaders dans l’inaction.  Faisons comme toujours quand il y a un problème, gagnons le nord, fuyons, là, la ressource y abonde.  En attendant, vendons des

 

permis de pollution aux multinationales qui peuvent d’ailleurs également en acheter de ceux qui polluent moins.  Donnons les forêts et l’eau à qui en veut bien et laissons tranquille les riverains qui trucident la vie marine et essayons de trouver nous-mêmes une solution aux  problèmes dont seul le Québec

 

est touché. Oups! Moi j’oubliais, mais n’oubliez pas vous d’aller voter, c’est vraiment important d’élire un gouvernement qui gaspille les fonds publics en commissions d’enquêtes, qui ne prend pas de décisions quand c’est le temps et qui conséquemment n’agit pas.  En attendant continuons de former des

 

spécialistes qui ne connaissent que ce pourquoi ils sont formés et cachons-les derrière des lois qu’ils valorisent au point même de ne pas les interroger.  De toute manière, continuons dans cette voie puisque ce n’est pas encore assez grave!

Mathieu Pouliot

 

 

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