En arrivant à la plate-forme nous avons fait la connaissance d’un personnage haut en couleur, il s’agissait de monsieur Michel Pinard, le père de Charles qui serait notre guide pour notre séjour à la pourvoirie.  Une fois traversés de l’autre côté, nous avons rechargé notre bagage dans les camions de la pourvoirie, pour découvrir que nous n’étions pas encore arrivé au havre de paix.  Sur une route presque labourée de pistes d’orignaux, où nous croisâmes perdrix, porc-épic et tétras des savanes, nous avancions à la découverte d’un magnifique coin de pays et ce au son d’histoires croustillantes et de récits de toutes sortes de notre conducteur Michel.

Surprise, nous arrivâmes à un havre de paix où miroitait un lac splendide entouré de montagnes vertes où était construit à leurs pieds, des petits chalets en bois rond, seuls témoins muets d’une épopée rarissime qui est appelée à disparaître avec la modernité.  Aussitôt débarqués, nous n’avions qu’une seule idée en tête, jeter une ligne à l’eau dans ce magnifique décor qui nous semblait vierge et très appétissant.  Pour la première pêche nous avons été à un petit lac non loin du camp pour taquiner les ombles indigènes.  Après une petite pêche à la truite timide, qui daignait mordre, nous sommes revenus au camp pour un repas de ragoût à l’orignal préparé avec soin par notre chef gastronomique, Michel Pinard.  Après avoir élaboré notre plan du lendemain, nous nous sommes retirés dans nos quartiers pour se laisser aller dans les bras de Morphée après cette exténuante journée.


 

 






 


Après un délicieux « deux œufs tournés bacon saucisses » nous enfourchèrent notre canot pour remonter les nombreux cours d’eau de la source de la rivière Godbout.  Il faut mentionner que tous les déplacements à la pourvoirie du lac Cyprès, que ce soit pour la pêche ou la chasse, se font en canot s’il vous plaît.  Tout au long de notre remontée, Michel nous indiquait les endroits où étaient situés stratégiquement les miradors pour la chasse à l’orignal. 


Chose inusitée, puisqu’il nous mentionna que la plupart du temps, les clients récoltaient leurs orignaux directement dans l’eau pendant la chasse et c’est pour cette raison que les miradors étaient disposés de manière à surveiller les nombreux lacs qui sont reliés entre eux par des rivières.  Pour les plus aventuriers, il est possible d’aller découvrir plusieurs lacs qui sont accessibles seulement après avoir effectué du portage en forêt.  Parlant de portage nous en avons fait pour nous rendre au lac Bunch pour réaliser la pêche du voyage.

 

 






 

 

 

 

 






 

Ainsi, après une marche d’une quinzaine de minutes en forêt en plein cœur du royaume de la petite maudite mouche noire, nous avons découvert un petit lac au milieu de nulle part qui se nomme le lac Bunch.  Après avoir été fermé 4 ans pour qu’il se régénère, nous avons eu une permission spéciale pour aller capturer 2 truites chacun.  Le portage et les piqûres en valèrent la peine.  Nous avions chacun une heure de pêche par groupe de deux pêcheurs puisque le lac, c’est le cas de le dire, n’était pas à la porte. 

Pendant qu’une équipe pêchait, Michel assurait le portage de l’autre groupe entre les deux lacs.  Pour tout dire ce fut une expérience inoubliable, une vraie expédition de coureurs des bois.  Le lac était rempli de truites qui sautaient sur tout ce qui bougeait.  Nous avons capturé chacun nos deux prises après de nombreuses remises à l’eau pour s’en revenir sous un magnifique couché de soleil qui nous laissa songeur sur la beauté de cet environnement et la chance qu’on avait de goûter à de si belles aventures.

 

 

L’expérience de la pourvoirie du lac Cyprès nous a été bénéfique à plusieurs égards.  Il faut avouer que nous avons eu du bon temps en bonne compagnie, dans un endroit unique en son genre.  Le simple fait de laisser son véhicule sur la rive et de traverser sur un système symbolique qui fait honneur au temps du Far West, m’a complètement coupé du reste du monde.  Pourtant je n’en suis pas à ma première expérience de voyage en sol lointain, mais j’ai été transporté totalement dans un autre monde où nous avions vraiment l’impression d’être ailleurs.   Chapeau pour l’aventure et la bonne compagnie, nous avons fait un super voyage, qui aura une suite assurément.  En effet Michel nous mit l’eau à la bouche en nous indiquant sur la carte des lieux, deux petits lacs, qui à sa connaissance n’auraient jamais été prospectés.  Croyez-moi ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd, nous nous sommes tout de suite portés volontaires pour aller explorer le secteur et y ouvrir un sentier.  Nous en avons pris bonne note et rangé le dossier bien à la vue sur la pile des projets à faire pour l’an prochain, en rêvant de le réaliser lui aussi. 

 

 

 

 

 

En attendant je vous conseille fortement cette destination de rêves et vous garantis que vous ne vous ennuierez pas dans ce coin de paradis.  J’espère y retourner l’an prochain pour une nouvelle aventure de coureur des bois à la recherche des lacs inexplorés. En attendant si vous deviez aller dans ces lieux magiques, j’ai une petite demande spéciale pour notre ami Michel : demandez-lui s’il n’a pas oublié les champignons dans sa sauce à spaghetti s’il vous en fait un.


 

 






 

 

 

 

 

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