Le jour «I»
avant le jour «J».
   

 

   
 

 

Le jour se lève avec un air nouveau, un air qu’on attend un an durant.  Toute une année d’attente pour ce jour qui est à mon avis le plus beau jour du monde, le Noël des petits enfants, l’ouverture de la chasse à l’arc à l’orignal.  Quel moment, quel jouissance de se lever, de prendre son café en scrutant l’horizon, en regardant le jour qui tarde à se lever, et en se questionnant sur ce que la forêt va nous offrir en sacrifice pour nous nourrir tout au long de l’année !  Toute une année d’attente pour cette seule petite semaine qui gonfle à chaque fois nos souvenirs d’histoires de chasses à toutes les sauces du monde, qui seront assurément partagées avec d’autres comme nous, chasseurs rêveurs d’orignal.  Après un copieux petit-déjeuner de chasseur marqué de stratégies de la journée, c’est l’étape de l’habillement traditionnel avec tout le rituel qui entoure ces moments haut en couleur.  Certains le feront en riant, d’autres en silence, nous c’est en nous motivant au son de la douce mélodie de The Clansman d’Iron Maiden, que nos derniers préparatifs se déroulent avant le déploiement de l’équipe au cœur de ce havre de paix.  Mais avant de lâcher une petite plainte de femelle en chaleur au beau milieu de ce paradis qui se réveille à peine, voici les dessous des préparatifs qui nous amèneront jusqu’au jour J.

Comme à chaque année, le jour « de l’avant », c'est-à-dire le vendredi, est un moment unique en son genre où l’émotion est palpable par tout mon entourage.  Les derniers préparatifs qui n’en finissent plus, en plus de l’énervement qui ne cesse de grandir avec ce qui me semble être interminable, puis enfin on part, en route pour aller découvrir les indices qu’ont laissés les orignaux.  La journée du vendredi est totalement réservée à la préparation du territoire et c’est une des raisons pour lesquelles je suis si impatient d’arriver à mon site de chasse. 








 

 


Je parle principalement de chasse à l’arc dans cet article parce que j’en suis un maniaque, mais les préparatifs en question sont tout aussi bien observables pour les chasseurs à la carabine.  Ainsi donc une fois que nous finissons d’arriver, nous nous armons d’urine d’orignal et ou d’urine fraîche de jument en chaleur, d’une pioche ou d’un râteau et d’un bon sens d’observation pour aller découvrir ce que notre territoire nous a réservé pour cette journée cruciale. 

 

 

 

 

   

Tout d’abord cette journée de prospection doit se faire le plus discrètement possible pour ne pas déranger ni faire fuir les orignaux avant la fameuse journée de l’ouverture.  Une bonne façon de faire est de bien contrôler nos odeurs humaines pour laisser le moins d’indices possible de notre présence.  Pour ce faire prenez l’habitude de placer tous vos vêtements de chasse, que vous aurez préalablement lavés avec un savon au fragrance de conifère ou tout simplement au bicarbonate de soude (petite vache), dans un contenant de plastique de sorte qu’ils soient à l’écart des odeurs indésirées.  Même chose pour vos bottes de chasse, utilisez-les seulement pour aller en forêt, de cette manière vous limiterez les odeurs que pourraient suspecter les orignaux.  Vous pouvez utiliser des « masqueurs d’odeur » comme ééélimator ou conifère pour une neutralisation maximale.  Ce genre de petit rituel est facile à faire, très peu coûteux, et dans bien des cas il peut changer l’issue d’une rencontre à la chasse à l’orignal ; il s’applique aussi indéniablement à la chasse au chevreuil.  Donc une fois ces précautions prises, nous nous dirigeons en forêt pour préparer le terrain.




 

 

 

Une bonne manière de se préparer à la rencontre tant attendue, est d’aller dresser la table pour une mise en scène qui aidera les orignaux à franchir le dernier pas qui manque toujours.  Ainsi, pour bien mettre la table nous n’avons qu’à parcourir une partie de notre secteur de chasse en recherchant des indices du passage des orignaux et en effectuant aléatoirement des grattages et des souilles sur notre passage.  Pour ce faire nous n’avons qu’à dégager le sol jusqu’à la terre à l’aide de notre râteaux ou de notre pioche et d’y ajouter de l’urine d’orignal ou de jument en chaleur en mélangeant la terre avec celle-ci.  La meilleure façon d’utiliser cette technique est de faire les grattages et les souilles en direction de votre poste d’affût et de les configurer en entonnoir. 

De cette manière nous donnons aux orignaux l’impression d’une nouvelle présence de femelles en chaleur et pour les gros bucks, de nouveaux aspirants à déporter.  En procédant de cette manière, le lendemain lors de vos appels, si jamais une réponse se faisait entendre et que l’orignal commence sa démarche d’approche, il sera davantage stimulé et sera conduit tout droit dans votre direction grâce à l’effet d’entonnoir que vous lui avez fourni.  La grosseur  des grattages n’a pas vraiment d’importance, mais une chose est sûre, il faut rester dans le réalisme.  Lorsque que j’utilise cette démarche, j’effectue habituellement des grattages d’environ deux pieds de diamètre et de trois à quatre pour les souilles.  Pour ce qui est des appels, je les effectue en fonction de l’urine utilisée lors des grattages qui mènent l’orignal dans ma direction.  Donc, si un mâle répond au cri d’une femelle et qu’il se dirige dans sa direction, il est normal de croire qu’il s’attend à une odeur féminine et vice versa.



 

 

 




En plus de l’effet d’entonnoir qui  amènera l’orignal jusqu’à vous, l’utilisation de grattages a comme point positif de fournir une manière efficace pour stopper l’animal et pouvoir prendre un bon tir.  Dans cette ligne d’idées, choisissez-vous un point précis où vous aurez une position de tir parfaite et effectuez un grattage à cette position en prenant bien soin d’y mettre de l’urine.  Calculez la distance qui vous sépare de ce point et préparez-vous à faire feu, puisqu’il y a de grosses chances que l’orignal aille sentir le grattage s’il ne vous a pas vu.  Vous pouvez même en faire plusieurs avec des distances différentes au cas où le scénario d’approche n’aurait pas suivi l’entonnoir.  Il sera donc plus facile de détecter la distance de l’animal sans se tromper à la chasse à l’arc.  En faisant un grattage qui coïncide avec les distances de chacune de vos pines de mire, les possibilités de manquer son coup sont presque nulles puisque vous aurez à l’avance la distance qui vous sépare de votre trophée.  Même chose pour la chasse à la carabine, vous pouvez en faire sur une grande distance en prenant bien soin de noter celle-ci, ce qui vous permettra une plus grande efficacité.


 

 

 

Pour terminer, la prospection du vendredi pour faire des grattages est une activité qui vous permet d’augmenter vos chances, en plus d’évacuer le stress de toute la préparation du voyage de chasse et de l’aventure qui est sur le point de commencer.  En parcourant son secteur le vendredi, il nous est possible de découvrir ce qui s’est passé dans les derniers jours en reluquant les pistes fraîches, les frottées sur les arbres, les grattages aux sol, pour ainsi découvrir l’état d’esprit des orignaux présents sur notre territoire.  En prenant bien soin de se faire invisible quant à son odeur, la technique de l’entonnoir de grattage m’a permis de récolter un beau petit buck qui s’est laissé endormir par les plaintes de femelles en chaleur et qui a abouti directement à l’endroit prévu pour effectuer un bon tir.  Vous verrez dans le vidéo que l’orignal n’a même pas le temps de mettre son nez dans le grattage qui est juste au pied de l’arbre.  Pour finir, n’oubliez pas de nous faire parvenir vos photos de succès de chasse ainsi qu’un bref exposé des techniques utilisées pour leur récolte, nous les inclurons avec plaisir dans notre nouvelle section réservée à cette fin. 

Bonne chasse !

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