Aventure Migrateur

 

Sur le "X"

Par un beau matin d’octobre, 4h45, café en main, je me prépare à partir à la recherche du fameux X. Encore une fois je roule en direction de l’Eldorado des outardes.

Aujourd’hui je vais vous donner quelques trucs et conseils afin de vous aider à dénicher un bon coin de chasse.

Tout d’abord, laissez-moi vous expliquer la définition d’un X. Un X est un champ où les bernaches se rassemblent pour se nourrir.

La recherche commence tôt le matin ou en fin d’après-midi. Il est préférable de commencer la prospection à ces deux moments de la journée car il est plus facile de localiser les oiseaux en vol. Une fois les oiseaux localisés, le jeu du chat et de la souris peut débuter. Il faut suivre scrupuleusement la bande d’oiseaux en vol jusqu’à l’aire de gagnage. Une bonne connaissance du secteur ou la présence d’un copilote avec atlas routier est nécessaire (sécurité oblige). Monte… descends… tourne à gauche… tourne à droite… Le but de l’exercice est de ne pas perdre de vue les oiseaux. Une fois que vous aurez trouvé le lieu où les bernaches atterrissent, arrêtez-vous. La phase d’observation commence.

 


 

 

Premièrement, évaluez la grosseur de votre X : 10… 25… 50… 500… 1000… 1500, plus le X est imposant, plus la chasse va se faire rapidement.

Alors aussitôt les limites prélevées, on ramasse notre « set up » et on laisse entrer ce qu’il reste du X de la veille. Cela constitue une banque d’oiseaux. Fait à noter : je ne chasse jamais deux fois dans la même journée ou deux jours d’affilée dans le même champ.

C’est ce qu’on appelle dans le jargon « brûler » un champ ; la chasse intensive accélère la désertion du champ par les oiseaux. Pour ma part, j’y vais par alternance avec un deuxième X. J’alterne mes jours de chasse.

 

 

 

 


 

 

 

Deuxièmement, une autre étape importante de la surveillance est de mémoriser l’endroit exact avec des points de repère (poteaux de clôture, arbres) où les bernaches se situent dans le champ : une bonne paire de jumelles et papier et crayon sont utiles dans ce cas-ci. Il est préférable de localiser l’endroit exact car les oiseaux retourneront au même endroit le lendemain. L’emplacement exact du X a beaucoup d’importance. J’ai déjà expérimenté la chasse en dehors du X ; chasser en dehors du X, c’est comme chasser sur le « flyway » ou corridor de vol, la chasse est plus difficile et le chasseur doit avoir une bonne connaissance de l’appel. Il n’est pas de tout repos de détourner des bernaches qui ont l’idée fixe d’aller rejoindre un groupe situé à 100 mètres de votre « set up », à proscrire pour les débutants ou peu expérimentés.

Et troisièmement, il est très important de vous assurer de ne pas déranger les oiseaux lors de votre surveillance, car vous pourriez les rendre plus méfiants et là encore les forcer à déserter le champ au profit d’un autre.


 

 


 

 

Pour terminer, notez qu’il faut toujours demander la permission au propriétaire des lieux. Les propriétaires se font très souvent complices, car pour eux, ces oiseaux font beaucoup de dommages aux récoltes et ça leur permet donc de chasser les oiseaux de leur terre à peu de frais. Soyez gentil et vous récolterez un oui sans trop d’effort.

Revenons à notre chasse. Le lendemain matin, la phase d’installation bat son plein. Il faut alors être présent assez tôt pour installer notre équipement avant l’arrivée des bernaches. À l’aide d’une lampe de poche ou d’une lampe frontale, il faut localiser les points de repères de la veille. La recherche d’indices révélateurs est tout autant utile (excréments, pistes, épis de maïs mangés, etc.).


 

 

 







 






 

 

 

C’est alors le temps de s’installer. Positionnez toujours vos appelants par rapport au vent, si cela est possible (car ce n’est pas toujours le cas). Essayez de chasser le vent dans le dos car les bernaches chercheront à entrer face à vous, ce qui facilite le tir.
Pour ce qui est des caches, je suis adepte du camouflage présent sur les lieux (fossés, pointes de bois, champs de maïs debout, etc.). Si vous êtes dans l’impossibilité d’utiliser les caches « naturelles », repérez les dénivellations à proximité de votre « set up » pour installer vos caches en utilisant la végétation du terrain.

Ensuite il ne reste plus qu’à attendre l’arrivée des oiseaux tant convoités. Pour les débutants, l’utilisation de l’appel avec modération est un atout. L’utilisation abusive de l’appel peut être aussi nuisible qu’un mauvais camouflage.

 


 

 

 


La chasse sur le X est à mon avis un mode de chasse qui convient autant au débutant qu’au plus expérimenté. Si vous mettez tous ces conseils dans votre sac, vous réussirez à coup sûr votre quota.

Dans un prochain article, j’aborderai la disposition des appelants.

Bonne chasse !

Daniel Palombo


 

 

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