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Pêche d’automne
en kayak
@ Alsiganteku

 

Même si certaines personnes ne pensent pas toujours à faire un lien ou à associer kayak et pêche, pour moi les deux font la paire depuis que j’ai commencé à offrir des randonnées de kayak de mer à des fins touristiques. Tout d’abord, toutes mes connaissances du territoire sur lequel j’opère sont pour la plupart reliées à des sorties de chasse et pêche antérieures. Cela m’a grandement aidé à créer et tracer les différents itinéraires de kayak disponibles. Mon but dans la vie était, et vous n’en serez pas surpris car il en est probablement de même pour vous, de créer une pourvoirie. Mais l’avenir est toujours plein de surprises et mon nouveau projet, même s’il n’est pas le reflet exact de mes ambitions antérieures, se rattache de près, à ma grande satisfaction, à beaucoup d’aspects d’un tel établissement tels que les grands espaces, l’aventure, la pêche, etc. Quoi de mieux, direz-vous, que de passer la journée dehors à travailler et à pêcher en même temps, et bien oui, je partage très bien votre opinion ! Le kayak est donc devenu mon outil de travail et le moyen par lequel j’offre aux gens de découvrir un territoire immense et riche en biodiversité : la rivière Saint-François et le Lac Saint-Pierre.


 

 

 




 

En plus d’offrir des randonnées de kayak, et question de joindre l’utile à l’agréable, j’offre un forfait original de pêche en kayak qui est des plus magnifiques en automne avec la flambée des couleurs.

Mais assez discuté de business, le but était de me présenter et de vous plonger dans le contexte de mes activités. Parlons maintenant de pêche, l’essence même et la raison ultime pour laquelle nous nous retrouvons souvent sur le site de nos bons amis de 3D-Chasse -Peche, et revenons plus précisément à la pêche d’automne. Déjà, le mot automne est synonyme pour nous tous de chasse ; s’il y avait un petit Larousse de la chasse, les deux n’iraient jamais l’un sans l’autre. Mais nous pourrions aussi associer automne et pêche, car cette saison en est une des plus magnifiques pour la pêche. Oui, au Québec l’ouverture de la pêche au printemps est une tradition comme l’ouverture de la chasse l’est à l’automne, ce qui nous incite parfois à mettre la pêche de côté. Mais non ! L’automne est aussi le temps d’incroyables parties de pêche, en fait les poissons se revigorent avec l’eau de plus en plus froide et ils entrent dans une période très active au niveau alimentation pour emmagasiner le plus possible d’énergie afin d’affronter notre hiver québécois. Donc, là n’est pas le temps de vider l’huile du pied de moteur et d’entreposer l’embarcation, ou encore bien moins de croire que la saison de kayak s’est terminée fin août avec la rentrée des classes, le retour des vacances ou le début de la chasse. On pousse les aventures aux limites des dates de pêche permises, ce qui nous fait profiter à fond de notre saison préférée, l’automne !

En ce qui concerne une sortie de pêche en kayak réussie, le profil de l’équipement est le plus important. Partir bien équipé de l’essentiel et le plus léger possible est primordial. Canne à pêche, un lancer léger, un lancer lourd et une canne à mouche. Je ne pars jamais à l’aventure avec une seule canne, car une fois rendu loin sur le territoire, tout peut arriver, mieux vaut se prévaloir de back up.


 

 

Je laisse mon gros coffre bien garni à la maison. Les grands chapelets et tout le superflu ne me serviront à rien pour ce voyage. Un petit coffre ou tupperware sera l’idéal, où j’ajoute seulement des leurres que je choisis pour le doré, l’achigan à petite bouche et le brochet. Le but en fait est de partir le plus léger et le moins encombré possible car nous ne retrouvons pas beaucoup d’espaces de rangement sur le kayak et le poids des équipements peut, si trop pesant, nuire au maniement du kayak et donc nuire à l’expérience de pêche. Un autre point à considérer car l’eau est plus froide à l’automne et on ne veut pas se mouiller les pieds : des bottes de pluie ou cuissardes (bottes à cuisse) sont parfaites. Concernant l’habillement, des vêtements de plein air chauds et légers pour plus de confort et de liberté de mouvement.

Parlons maintenant de leurres : de mon côté, j’ai commencé tout jeune avec des jigs économiques et offrant une grande panoplie de couleurs, les verts et jaunes de Mister Twister nous ont toujours assuré de bonnes pêches. Discontinués ou pas, je peux pas vous dire, mais je n’en trouvais plus nulle part et à ma grande surprise ils ont refait surface au Wal-Mart dans la marque Yum.

 


 

 

Mais maintenant, j’utilise presque seulement des Rapala, plus chers à presque 10 $ la pièce en moyenne ; on ne veut pas les perdre au fond, donc une pêche avec plus de précautions est de mise, car à 4 à 5 Rapala perdus par partie de pêche, cela peut commencer à coûter cher. Pour mon secteur (rivière Saint-François) et les espèces à pêcher, je mets toutes les chances mon côté : un fil de 14 lbs test compose mes moulinets (je conseille au moins 10 à 14 lbs test max), question de ne pas perdre un Rapala chaque fois qu’on accroche le fond, surtout si vous êtes le type de pêcheur qui ferre les bûches ou le fond de manière intense en criant « j’en ai un ! » comme si un poisson venait de taquiner et que finalement on réalise, ah ! encore le fond. J’ai tellement perdu de leurres au fond depuis que je pêche et j’ai vu tellement de monde en perdre… Avec le temps, on finit par reconnaître les touches potentielles, il ne faut pas oublier que la pêche est un sport et que tout sport requiert de la pratique !

Pour en revenir au Rapala, je les choisis en fonction de la profondeur dans laquelle je vais pêcher en combinant les spécifications techniques du Rapala et la profondeur, flotteur, deep runner, etc. Les spécifications apparaissent toujours sur les boîtiers des Rapala, donc consultables avant l’achat. Par contre, les profondeurs n’apparaissent pas sur le territoire, il faut les découvrir et posséder aussi plusieurs types de Rapala. En kayak, je n’ai pas de sonar, mais une pagaie de 210 cm, c’est avec celle-ci qu’au cours de mes expéditions je peux scruter entre les îles et les rapides afin de découvrir des petites fosses et lieux de pêche. À force d’observer, on finit par reconnaître les endroits idéaux ou offrant probablement une zone plus profonde comme là où les tourbillons se forment durant les crues printanières, les courants majeurs et les contre-courants, le bas des rapides, etc. Ces secteurs offrent la plupart du temps des zones un peu plus profondes que la moyenne du territoire, donc des sites potentiels !




 

 

 

 

 

Mais la pêche reste la pêche, et le hasard est aussi à considérer, et le poisson change souvent ses habitudes, il ne faut donc jamais s’arrêter de prospecter. Un exemple, cet automne au mois d’octobre avec l’Olivier des Îles, ce gars de Sorel qui a découvert mon concept de pêche en kayak et pêcheur infatigable : il y avait ce vent nord-ouest de 20 à 25 km/h qui sévissait contre-courant et qui formait une vague d’au moins 20 cm qui nous rentrait dedans. La vague commençait sérieusement à affecter notre pêche et notre patience car nous y étions directement exposés. Il suggéra donc de se diriger entre deux îles question d’en finir avec ce vent et d’essayer de pêcher voir si ! Et bien, croyez-le ou non, le poisson semblait en avoir assez de ce vent aussi. On a découvert un trou à brochets, tous du 25 pouces environ, mais combatifs ces brochets ! Même si on préfère le doré et l’achigan particulièrement pour l’art de la table, le brochet offre de son côté un combat des plus divertissants combiné au feeling de pêcher assis dans le kayak, wow !

Mais ce trou m’a coûté au moins 20 $ sur cette fin de journée : et bien oui, deux Rapala dont mon shap alose préféré, tail dancer de 7 cm, je venais de l’acheter. Oui 7 cm, c’est que je n’achète plus de mini ou petit Rapala maintenant, j’opte pour les moyens-gros, minimum ! En plus d’être multi-espèces, je veux déjouer du plus gros poisson. Le fond s’est emparé de mon premier Rapala, mais par la suite c’est une attaque de brochet qui a littéralement, d’un geste doux et instantané, coupé mon fil de 14 lbs pour me laisser tout simplement bouche bée. Cela reste un peu mon problème de pêcher sans leader d’acier, car personnellement je n’ai jamais aimez les leaders, toujours été simplement noeud.

 

 
   

 

 
 

 

 

 
   

Mais plus depuis que j’ai découvert des nouveaux bas de ligne sur le marché, un peu plus chers que les traditionnels, à 3 unités par paquet pour environ 6 $ et 18 lbs test, ceux-ci sont beaucoup plus fins et donnent un aspect beaucoup plus naturel autant à l’apparence visuelle qu’aux mouvements du leurre sous l’eau, ce que je trouvais désagréable avec les bas de ligne d’acier traditionnels. Un solide compromis à mes habitudes de pêche et cela fait de moi un pêcheur encore plus redoutable envers ces bestioles qui vivent sous l’eau, et un peu plus riche dans mon portefeuille !!!

Une chose intéressante lorsqu’on pêche en kayak, c’est de laisser les courants, contre-courants et les vents décider de façon stratégique des déplacements sur la zone de pêche. Cela permet d’effectuer parfois une battue sur un corridor, de se laisser descendre dans le courant en « castant », de remonter une fosse contre-courant, d’aller se positionner derrière une roche dans le bas d’un rapide ou encore même de combiner un vent contre-courant et le courant, ce qui permet de faire du sur place sur une zone précise. Plein de stratégies sont possibles et on les découvre toutes au cours de l’exploration.
 

 

Parfois certaines zones sont intéressantes aussi pour la pêche à terre, cela nous permet de nous dégourdir les jambes et de faire une pause lunch. La traîne est aussi possible, mais n’a pas généré beaucoup de succès dans mon cas. La pêche directement assis dans le kayak (avec un constant casting) reste ma façon préférée et celle qui me donne le plus de résultats.

Sur ce, l’automne est déjà terminé, et on ne peut que se remémorer les belles prises et les bons moments de pêche passés entre amis et déjà penser aux aventures que nous apportera l’année prochaine. C’est donc le début de l’hiver qui pourra paraître comme le début d’une interminable série d’émissions de chasse et pêche du dimanche matin où l’on en profitera pour refaire le ménage de notre coffre, café, brioches et vers de terre séchés sur les hameçons. Mais on ne peut que se réjouir que les saisons passent rapidement, et oui, l’avantage avec le temps, c’est que ça passe !

Bon hiver !

Jean-Martin
Président / Fondateur
Alsiganteku kayak-aventure-écotourisme
www.alsiganteku.com

 
   

 

 

 

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