Le rattling

À tous ceux qui considèrent que la chasse au chevreuil ne comporte plus aucun mystère, eh bien félicitation. En ce qui a trait aux autres, voici une technique de rattling plutôt réaliste.

La plupart des biologistes et des chasseurs s’entendent pour dire que le chevreuil est probablement le mammifère le plus combatif et le plus en compétition avec les membres de sa propre espèce. Cette rage est inévitablement causée par la polygamie et la constante défense du territoire du cerf de Virginie en période de rut. Vu que le chevreuil tente de s’accaparer le plus grand nombre de femelles possible pour assouvir son désir de perpétuer sa descendance, il doit indéniablement se former un très grand territoire. Pour délimiter son fameux territoire, il utilise la somme de toutes les odeurs que produisent ses différentes glandes. Que ce soit en frottant les arbres ou en grattant le sol, le chevreuil érige des frontières dans le but de s’approprier le plus grand nombre de femelles possible. Cela entraîne très souvent de furieux combats entre les mâles qui ne veulent aucunement céder une parcelle de terrain à un adversaire. C’est en exploitant une technique très réaliste de rattling pour susciter l’esprit guerrier qui anime le chevreuil, que nous pouvons améliorer nos chances de succès. Voici en quoi consiste cette technique. 

Premièrement, il faut prendre soin de choisir un territoire propice à la capture de mâles; dans ce cas-ci, j’opte habituellement pour les secteurs de forêt de bois francs où peut se trouver une bonne concentration d’arbres frottés et de grattage au sol. Comme vous le savez  probablement  déjà très bien, ces signes sont les meilleures indications de chevreuils en train de marquer leur territoire.
Dans un deuxième temps, il faut reproduire les indices que l’on trouve de manière à faire croire au chevreuil détenteur d’un quelconque territoire, qu’il n’est pas seul. C’est à ce moment présent que l’on donne le coup d’envoi de la rivalité tant attendue. Pour imiter les frottages, il suffit de prendre un couteau ou une hache et de frotter un arbre semblable à celui où l’on a découvert une telle marque. Pour les grattages, utiliser une branche afin de dégarnir le sol jusqu’à la terre. Il est à noter que pour courir la chance d’avoir de plus amples succès, le port de gants est très fortement recommandé pour diminuer la dispersion des odeurs humaines.

 


À la troisième étape apparaît le ¨rattling¨ proprement dit. Cette technique réaliste consiste non seulement en l’entrechoquement des cornes, mais en la reproduction la plus complexe de tous les sons présents durant un combat. D’abord il faut prendre les bois de l’animal en question, synthétique ou véritable, et les positionner tous deux du même côté pour éviter les blessures lors de l’entrechoquement. Ensuite, il faut les frapper ensemble de manière à reproduire le son de deux panaches qui se frappent et s’entremêlent. Un point fort quant au réalisme, est le fait de frapper très fréquemment nos bois contre le sol pour simuler les plus que présents coups de pattes lancés au sol par les mâles lors d’un combat. Des coups de cornes dans les feuilles mortes et sur les branches sèches au sol sont également un des moyens les plus efficaces et les plus représentatifs pour provoquer les mâles en rut. De plus, le ¨grunt¨ est aussi un élément à se servir lors de la simulation de combats afin de recréer les sons les plus vrais. Un autre point important qui est loin d’être à négliger est que l’on ne peut qualifier un affrontement de stationnaire. L’exemple la plus fidèle à cette démonstration est un combat entre deux êtres humains. Il va de soi que deux individus qui en viennent aux coups se déplacent sur une certaine surface de terrain. Eh bien, dites-vous qu’il en est de même pour votre gibier favori. Alors lorsque vous pratiquerez le rattling, assurez-vous  de vous déplacer dans un espace de 10 à 20 pieds de diamètre.

En terminant, si vous voulez vous infiltrer dans un secteur où les gros mâles prédominent, assurez-vous de faire preuve du plus grand réalisme possible et surtout méfiez-vous tout en étant aux aguets, parce qu’un chevreuil furieux se lance souvent à l’attaque sans crier gare!

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